Son devoir était de constituer l'arbre généalogique de sa famille. C'est alors que j'ai eu l'idée de lui faire faire un joli arbre avec pleins de branches où il mettrait avec son écriture incertain quelques prénoms qui sonnerait l'étranger.
Evidemment, pour aller plus loin, nous avons dû faire appel à la mémoire de la famille.
Au fur et à mesure que les branches se nommaient, je frissonnais tel un sol pleureur au gré du souffle du vent. Le côté gauche de l'arbre occupait la famille paternelle (zoroastrien) et celui de droit la famille maternelle (musulman).
Les prénoms de gauche pur perse et de droite pur ou presque arabe.
A mesure que l'histoire de l'Iran se défilait sous mes yeux, je comptais le mal que son père aurait en regardant cet arbre hybride. Dans le meilleur du monde, il l'aurait sans doute préféré handicapé.
Oh que j'ai ri de celui de Cruella.
"Mais maman, presque tous les prénoms commencent par K !" me dit-il ?
"Oui mon chéri. Maintenant, tu sais pourquoi le tiens aussi commence par un 'K'" lui dis-je.
Son prénom est apparu telle une évidence à nos yeux.
Boubou a bel et bien sa place sur ce tronc d'arbre. Il tient ses branches du mieux qu'il peut. A lui d'arroser ses sources pour ne pas faire pencher le reste.
Sol pleureur
Dard-e del
L'année dernière, lorsque je suis allée en Iran, j'ai été invité par ma famille qui ont une maison dans les hauteurs.
Cela fait un certain temps que pour souffler un peu de la dureté de la vie ainsi que du manque de loisir, chaque famille à tour de role invite une dizaine d'autres. Cette fois-ci c'était le tour de mon oncle. Tout le monde danse et chante dans une ambiance rurale et chaleureuse.
Enfin nous arrivons en 4x4 devant la maison et déjà je suis surprise du nombre de voitures garées devant l'entrée à la queleuleu. Boubou est intrigué et a du mal à marcher sur ce chemin caillouteux !
Un cousin nous fait passer par un chemin on ne peut plus original; on passe sur le toit d'une autre maison pour arriver dans un vrai trou où seul un escalier douteux nous mène à l'arrière du chemin menant à la maison de la belle mère de mon oncle (ouf).
Entre temps, mon cousin (que j'adore) que j'ai plutôt connu bébé avant de venir en France, embrasse boubou (de regard) qui est plutôt farouche tellement il est tout seul ici en France. Je ne sais pas ce qui nous attend !
Ca y est. On arrive en bas de l'escalier. J'entends tout le monde me réclamer auprès de ma mère. Une fois la haut, je vois le défilé de toute ma grande famille et commence à faire la bise. Cousine, cousine, cousine, (j'ai beaucoup de cousine), cousine, cousine, cousine, cousine, cousine, cousin (ouf sauvé), tante, tante, tante, tante, oncle, oncle, oncle, cousine, cousine et voilà que je ne reconnais pas le prénom d'une de mes cousines .. forte émotion et je craque !
Elle étaient toutes petites lorsque je suis partie et voilà qu'elles sont devenues pour certaines femmes mariées avec enfants, d'autres prête à marier;-)
A l'heure du repas, les hommes ont préparé le barbecue pour prépaprer le kebab.
Depuis tout ce temps là (24 ans), par manque de temps, je n'allais pas les voir dans cette ville près de la mer caspienne.
Et alors, j'ai pris conscience que les autres ont tout simplement continué à vivre. Quelle complicité, quelle joie de vivre, rien n'avait changé hormis un laps de 24 ans.
Quel était donc ce sentiment de sollitude qui s'est emparé de moi ce soir là.
Remise à la case de départ à la différence près que je ne connaissais même plus ceux qui me sont bien plus proche que mon blog et moi.
Devant toute cette distance entre eux et moi, je me suis réfugié à la lumière de ce feux de barbecue. C'était mieux ainsi.
A part ça, j'ai remarqué que le clochard de la rue Victor Hugo change de trotoir le matin, midi et le soir.
Pourquoi Moussavi ?
Boubou l'a dit, l'Iran s'est réveillé. Cette élection était la goutte qui a fait déborder le vase. Il serait plus juste de dire que c'est un ensemble de chose qui a fait que le peuple se réveille. Parmi ces choses il y a évidemment l'arrivée de Obama au pouvoir et sa proposition d'ouverture vers l'Iran. Les iraniens ont vraiment suivi la présidentielle aux Etats unis, les photos de famille d'Obama n'ont pas arrêté de sauter de mail en mail.
Depuis le début de ces mouvements je me dis que Moussavi ne peut pas être l'avenir de ce pays puisque lui aussi est d'accord avec l'intervention de la religion dans les affaires politiques. Mais alors, pour quelle raison est-ce que le peuple voit en lui le leader incontesté les emmenant vers la démocratie ? C'est vrai, il n'a aucun charisme.
Les manifestations en France étaient au début très en rapport avec Moussavi mais très vite, cela s'est transformé (pour certains groupes) en un espèce de mouvement contre la république islamique (Moussavi/Ahmadinejad confondu).
Qu'en est-il des manifestations en Iran ? J'ai bien l'impression que le peuple n'a pas changé de slogan. Il faut avouer qu'il serait difficile, dans de telles circonstances, de crier "mort à la république islamique". Alors que cherchent-t-ils (hormis de l'air à espirer et du pain pour manger) ? L'espoir que Moussavi sera la transition vers l'espoir ?
L'erreur du Shah était entre autres d'avoir eu peur des Mollahs, de les avoir écartés du paysage musulman de son peuple.
Alors peut-on dire que ce qu'il faudrait pour l'Iran, c'est une voie adaptée à un islam ouvert au monde ?
30 ans après
Billet écrit par boubou
Soeur ; foule ; médecin
La petite soeur n'a pas pu aller voir son médecin tellement il y avait du monde dans les rues de Téhéran:-(
Femme afghane
Mots-clés : Afghanistan
Depuis le temps que la guerre habite l'Afghanistan, je me demandais à quoi il peut bien ressembler !
J'imaginais toujours Kaboul en ruine.
Voisin de l'Iran, nombreux sont des Afghans qui passent la frontière espérant une meilleure vie en Iran. Leurs hommes viennent y travailler (souvent dans des constructions de batiments) pour subvenir au besoin de la famille qui elle vit en Afghanistan.
Je ne connais pas exactement la politique de l'Iran face à l'arrivée massive des afghans mais les sans papiers sont chassés systématiquement.
Dès l'aube, les ouvriers afghans rodent sur les places de la capitale espérant trouver du travail à la journée. Alors qu'il ne manque pas d'ouvriers iraniens, les iraniens préfèrent donner du travail aux afghans. Ils sont moins exigeants et travaillent plus sérieusement. D'un autre côté, trop fier de leur propre nationalité, ils ont peur de tous ce qui est "étranger". Quel paradoxe !
Vendredi, je suis allée voir "L'enfant de Kaboul" de Barmak Akram. Enfin, je vois Kaboul ... presque de près; comme si j'y étais. Une impression du déjà vu. Tout est bon à regarder. Ces montagnes qui entoure la ville, cette pollution (eh oui !), ces foules dans la rue, cette façon de conduire parchoc sur parchoc, cette façon de marchander.
Je suis rassurée puisque malgré les difficultés au quotidien des afghans, ils arrivent à vivre. Le système "D" y est pour beaucoup.
Au regard de ce film, je n'ai pas pu me contrôler. Une seule phrase me hantait vers la fin du film "mais ce sont des être humains qui ne veulent que vivre décemment !" L'image du commandant Massoud et la peine de tout un peuple face au seul espoir de ce pays ne me quitte pas depuis.
Ce film est une belle réussite entre autres dans sa manière d'alerter que la femme Afghane est en danger. Quel sera le sort d'un pays où ses femmes sont en panne ? D'un côté la dureté de la religion et de l'autre le règne des talibans durant toutes ces années, comment est-ce que le comportement des afghans vis à vis des femmes peut-il changer !
La feuille de thé cache un invité
Mots-clés : Iran
Fariba khanom sert le thé à maman et lui dit en riant "vous allez avoir un invité".
Elle nous raconte qu'un jour, la même chose est arrivé à sa soeur qui ne croit pas à ces choses. Elle prend la feuille du thé et elle casse la feuille en deux.
Plus tard elle apprend que son frère devant venir chez elle ce jour là s'est cassé la jambe:-)





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